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Journal de bord de l'exclue – Lisa

Journal de bord de l'exclue – Lisa

#Les exclus

Lisez les impressions de Lisa suite à son élimination lors du tapis rouge!

Dimanche 30 septembre 2018

Épuisée d’avoir vécu autant de stress en un si court laps de temps, mon cerveau ne fonctionnait simplement plus, off zone. Je me laissais porter par la conversation des deux filles autour de moi dans la voiture, Karolane et Maria-Laura, un mélange de colère et de déception. Il n’y avait pourtant rien à comprendre de la décision des gars, c’est la game et à quoi bon être surprise d’un échantillon de 8 gars. Moi je savais l’impression que j’avais faite, je suis froide avant que je pose mes marques et avec tout le stress que j’avais eu sur le tapis rouge, je m’étais simplement refermée comme une coquille, plus de Lisa. Rien de très charmant à présenter quand on est timide au premier abord. J’avais accepté de faire Occupation double pour essayer de briser cet instinct de se protéger derrière une muraille de glace, j’avais espéré qu’avec le temps et toutes ces caméras pointées sur moi à longueur de journée j’allais réussir à rester la vraie Lisa pas stressée et rayonnante... Je n’ai pourtant ressenti aucune colère, car de toute façon, rien n’arrive pour rien dans la vie.

Après 1h de route, nous arrivions à la maison des exclus, une immense maison en pierre pittoresque. Visite rapide, mais dès qu’on arrive au 2e étage, la petite princesse en moi crie victoire en voyant la grande chambre sur deux étages, le lit double en haut, de la place pour étaler ma valise dans mon petit salon personnel et pour finir une petite salle de bain. Tout le nécessaire pour que j’y dépose ma petite bulle d’intimité, de confort et de solitude, car oui, j’en ai besoin. Arrivée dans mon lit, il m’a fallu du temps pour faire descendre la pression de tout ce stress, ainsi que mon cœur qui battait encore à 100 miles à l’heure. J’étais pas prête de m’endormir, mais quand j’allais sombrer, c’était sûr que j’allais merveilleusement bien dormir, vidée, complètement épuisée.

Le matin, Hannah, notre nounou, est venue me réveiller avec une surprise, mais elle voulait surtout me prévenir de ne pas sortir toute nue… Française un jour, Française toujours, on est réputées pour faire du monokini (lol) ! Des garçons étaient là, éliminés eux aussi. Wow, le choc, six exclus d’un coup ! Je descendais, me dirigeant directement vers la cafetière, ma meilleure amie. Je n’existe juste pas avant mon café, parle-moi même pas, attends la première gorgée pour voir le phénix renaître de ses cendres. J’ai croisé un petit blond avec les yeux bleus pétants, beau réveil. Café en main, je me dirigeais vers la chambre où j’entendais un de ces brouhahas, beaucoup trop de décibels pour un réveil, mais je n’allais quand même pas faire mon antisociale. J’écoutais ce qu’il s’était passé après notre tapis rouge et retournait dans la cuisine me servir un autre café, j’en avais bien besoin. Petit déjeuner, douche et je revenais dans la salle commune, souriante et sociable. Ils nous racontaient leur tapis rouge, puis on faisait de même, échangeant pendant plusieurs heures sur cette journée complètement folle. J’ai trouvé que la plupart des gars étaient encore sous le choc en comparaison aux filles qui avaient déjà tourné la page, il leur faudra un peu plus de temps pour faire leur deuil on dirait. Tomy est allé chercher sa guitare pour combler le silence et accompagner les réflexions de chacun. Un moment parfait pour moi, je pouvais lire mon roman et me sentir enveloppée d’une mélodie qui m’entrainait dans un autre monde. Si vous ne le saviez pas encore, je suis une accro de romans, je les dévore. Après avoir passé toute la journée enfermée dans notre maison à apprendre à se connaitre, s’apprivoiser et relaxer, il était plus que temps de bouger. Tout le monde était prêt pour aller se balader dans ce petit village au creux des montagnes. Les gars étaient nos guides, c’était leur maison avant le tapis rouge. Ils n’arrêtaient pas de cueillir des fruits un peu partout sur le bord de la route, un vrai jardin d’Éden.

Je pense que tout le monde était bien content que le sexe opposé soit présent, ça détendait l’atmosphère, donc tout le monde riait, parce qu’on sait comment ça peut finir juste des filles ensemble… DRAMA.

Oh mon dieu, ce soir-là, nous mangeâmes le repas de l’Olympe, plus que délicieux! Avant d’aller s’étaler dans notre salon-lounge pour commencer Harry Potter. Je suis une fan finie d’Harry Potter, j’ai dû lire et voir les films plus de 20 fois.

Le cri du coq me réveille le lendemain autour de 6h du matin, en plus des moustiques qui volaient très proche de mes oreilles. Ils étaient encore plus voraces qu’au Québec, faut le faire! Une magnifique journée ensoleillée nous attendait, donc piscine et bronzage au menu, puis shooting photo pour remplir nos Instagram à notre retour. Brûlés par le chaud soleil de la Grèce, on décidait de bouger nos carcasses des chaises longues bien confortables pour aller se promener de nouveau dans le village, empruntant un nouveau chemin cette fois-ci. En revenant, je m’attèle dans la cuisine pour faire le souper de tout le monde. J’adore manger tous ensemble, des liens se créaient, des conversations intéressantes prenaient place autour de notre repas et je me sauvais de la corvée de vaisselle. Puisque notre journée fut plus que relaxe, nous décidions de brûler notre énergie en jouant au Twister. J’ai dû me créer des nouveaux abdos tellement on a ri. Grande gagnante de notre première partie, finissant en grand écart comme une championne.

Deuxième journée terminée depuis notre élimination, pourtant j’avais l’impression qu’une semaine entière venait de s’écouler. Le temps s’écoule drôlement quand on est coupé du monde…  

Aujourd’hui, il fallait se lever tôt car on partait en activité. Tomy s’était proposé pour faire le petit déjeuner. Mon nez respirait délicieusement l’odeur des crêpes, ce genre de respiration qui remplit tes poumons et éveille tes sens. Moi qui aimait traîner au lit, cela me pris littéralement cinq secondes pour sortir de mon lit! Dès que j’ai ouvert la porte je vis une tasse de café fumante qui avait été déposé là. Je pense qu’il avait compris qui j’étais assez rapidement. Bien pratique d’avoir des exclus gars en même temps que nous. Les gentlemen n’ont pas encore totalement disparu de la surface de la terre.

Tous dans le taxi, on prend la direction de Georgioupolis et sa plage. Séance photo pour tout le monde! Le ciel devint rapidement gris malheureusement, sans possibilité de voir apparaître le soleil, on levait donc les voiles pour se promener dans la ville et se trouver un restaurant typique Grec et leur merveilleux tzatziki. À la fin du repas, le restaurant nous offre des shots d’alcool qui nous faisait penser à de la grappa, vu l’odeur. Cela me ramène directement à Montréal, c’est ça d’avoir des amis italiens, la grappa fait partie de mon quotidien ! Mon cœur se serre, ils me manquent énormément. Comme je vis au Canada seule avec ma mère comme seule famille, mes amis sont comme ma famille, je les aime de tout mon cœur. Bref, retour au présent. Cheers! C’était la toute première grappa de Maria, je pensais qu’elle allait vomir sur la table en voyant son visage se déformer, pauvre petite… Mais un peu drôle quand même ! 

Notre maison est entourée de montagnes, donc on fait un petit hike pour voir la vue de là-haut et brûler toute l’énergie accumulée. À peine commencé, il y avait une clôture qui nous empêchait de passer. En fait la montagne était un énorme enclos pour moutons. Le propriétaire nous laissait tout de même passer, tout en nous demandant de bien refermer les barrières. Imaginez tous les moutons échappés à travers la ville! Cela aurait été la catastrophe du siècle dans ce vieux village. Mais bon, on a bien fait ça, des vrais pros de la campagne! Après 2h de marche, plusieurs clôtures à passer, la déception: on ne pouvait pas se rendre au somment, sauf si cela ne nous dérangeait pas d’avoir mille et une griffure car il n’y avait pas de chemin et une tonne d’arbustes tous secs. Pas grave on avait une belle vue au trois-quart. C’est à ce moment précis que je sombrais dans le manque de mes amis à Montréal. Ils me manquaient terriblement, c’était indescriptible, j’avais l’impression de sentir mon cœur fendre en deux. Rien d’horrible parce que je savais que je ne les avais pas perdu pour toujours, mais assez pour me rendre triste. Rien savoir, aucun contact c’était la pire chose à gérer dans cette aventure, même les prisonniers avaient plus de nouvelle du monde que nous! Je ressentais le besoin de tomber dans mes souvenirs donc je prenais mon iPod pour écouter certaines chansons lourdes de souvenirs de cet été. Il était temps de rentrer à la maison svp. 

L’humain aime en mettre plein la vue, on se met sur notre 31 pour absolument rien. On allait quand même manger dans la même salle à manger qu’on utilisait matin, midi et soir. Ce que l’humain est con ! Mais ne nous jugez pas trop, il ne faut pas oublier qu’on a absolument rien à faire enfermé dans notre maison, surveillé par notre nounou. Je ne sais pas vous, mais je me rappelle très bien quand j’étais jeune, comment ça m’amusait de me mettre chic pour rien et de défiler dans le salon comme une grande dame. Ouais, on en était rendu là.

Aw c’était cute de nous voir tous si beaux, des vrais pétards ! Un cocktail à la main, on se dirigeait sur la terrasse pour prendre des photos (encore), on ne s’était pas mis si beau pour rien quand même! Je pense qu’après cette aventure Hannah pourra se proclamer photographe professionnelle. De retour dans la salle à manger nous dégustions le repas qu’Hannah nous avait préparé, avec une bonne coupe de vin et beaucoup de discussions, même une où on décidait qui serait éliminé le premier dans chacune des maisons. Le repas terminé, nous sortons notre jeu de cartes, notre meilleur ami pour nous regrouper, rire et passer le temps. Un 3 en 1. Bonne nuit! 

Nouvelle activité, on avait sélectionné Réthymnon, une ville touristique sur le bord de l’eau. J’aimais beaucoup sortir de notre prison, car à force de se marcher dessus des tensions se créent, pour tout et n’importe quoi. Nous visitons le phare, les dédales de ruelles remplies de boutiques souvenirs. Après le shopping, il nous restait encore beaucoup de temps à tuer avant le rendez-vous de tatouage de Pierre et Tomy. On se trouve donc une place à squatter durant les trois prochaines heures: restaurant avec shisha, de la bonne musique et une clientèle jeune. Des délices de pizza remplie de fromage à n’en plus finir, plus une shisha. Encore une fois j’étais au paradis.

Lundi, on avait la plus belle activité de tout le voyage, la plage de Balos. Cette plage fait partie des plus belles que j’ai vues. Par contre, c’était un parcours du combattant pour s’y rendre. Premièrement, on nous conduisait sur une route étroite, qui se terminait sur un ravin, très escarpé. Après s’être garé, il fallait descendre la montagne pendant 20 minutes. Il y avait des marches, mais elles étaient très dangereuses. Par contre puisqu’on arrivait des hauteurs le spectacle était époustouflant, on voyait la plage en bas, toutes les nuances de bleu de la mer ainsi que du vert. Magnifique. Nous étions arrivés en avant-midi donc il n’y avait presque personne, moment parfait pour prendre toutes les photos qu’on voulait. Disons que l’appareil photo s’est fait aller dans cet endroit paradisiaque. C’est le genre d’activité que j’apprécie tout particulièrement. Voir les beautés de la nature, loin des magasins. On avait acheté un masque et un tuba pour ce genre d’endroit. C’était le moment d’affronter mes peurs: l’océan et ses requins. Je partais donc en expédition, voir tous ces petits poissons mener leur petite vie, mais sans oublier de regarder en arrière de moi, au cas où un requin arriverait, lol. Bon ok, je savais qu’il y avait quasiment aucune chance qu’il y ait un requin ici, mais on ne sait jamais, lol.

Après le souper, j’allais directement dans ma chambre pour lire, c’est la que la vieillesse se faisait sentir, lol. Comme le disait mon speech, j’ai vraiment deux côtés à ma personnalité, il y a le côté sociable et fêtard, mais il y a aussi mon côté solitaire et calme. Je dois contenter les deux si je ne veux pas péter une coche. Vivre 24h sur 24h avec 6 personnes, c’est assez difficile, plus le temps s’écoule, plus j’ai besoin de moments pour moi. Heureusement, j’avais une chambre seule, sinon la maison des exclus aurait été l’enfer. Je ne sais pas comment j’aurais survécu dans l’aventure, mais je pouvais maintenant comprendre pourquoi les candidats s’engueulent autant. Ce n’était pas dans nos habitudes occidentales de vivre autant dans une même maison avec des inconnus. Flamèches assurées. 

On se rapproche dangereusement ou plutôt heureusement de notre départ, encore cinq jours et je pourrai reprendre ma vie en main, serrer mes amis dans mes bras. Je suis de plus en plus fébrile. Ce soir on va visiter Chania. On profite du spectacle qui s’offre à nous: le plus beau coucher de soleil que nous n’avons jamais vu! Une grosse boule rouge qui tombait dans la mer, j’étais tellement absorbée par ce moment que je me suis fait prendre par surprise par une vague qui venait de s’écraser contre le mur. Mon dos était trempé… 2ème douche froide dans ce voyage en Grèce. 

Le reste de notre semaine se passe sous la pluie. Il ne nous reste plus que trois jours, je compte presque les minutes avant le moment où il faut boucler nos valises. Les manies de tout le monde travaillent énormément sur ma patience, mais le moment le plus important de nos trois semaines arrive enfin: le visionnement du tapis rouge. Ça criait, mes tympans allaient exploser et moi aussi, mais je décidais de les laisser vivre ce moment comme ils l’entendaient, car nous sommes tous différents. C’était dur, mais j’avais réussi! À chaque fois que je m’entendais parler, j’avais le choc de mon accent français. J’étais assez heureuse de ce que j’avais l’air, beaucoup moins glaciale que je le pensais. Oui, on voit clairement mon stress, mais ce n’était pas irrécupérable. On ne peut pas changer complètement la personne qu’on est, juste l’améliorer, mais même dans la vraie vie, je suis comme un lion qui analyse son nouvel environnement, qui tourne autour, écoute tout ce que les autres disent et après que j’ai posé mes repères, je me promène en secouant la crinière, confiante, chaleureuse et calme. La vie ne m’a pas donné la chance de montrer ma personnalité à OD, mais ça ne veut pas dire que ça n’arrivera plus jamais.

Être exclue de OD ne signifie pas un fail et un retour en arrière. Une nouvelle page se tourne, plus forte, plus éclatante, toujours bien entourée. Je crois en mon destin et à ce qu’il me réserve, et bien sûr mon but ultime, écrire mon tout premier roman. :)

J’espère qu’avec ce très long texte vous allez comprendre les sentiments de la vie d’une exclue !

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