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Carnet de voyage: PH

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Lisez ses impressions lors du voyage final à Singapour

12 décembre 2017

Singapour? Évidemment que je connais. Pas vous? C’est ce que je me disais.

La ville au Skyline démesuré, à l’économie explosive, aux voitures de luxe, aux boutiques Dior, Rolex, Yves Saint-Laurent et Prada. Bien sûr que tout le monde en a entendu parler.

Si j’y suis allé? Tout récemment, justement. L’impression qui m’est resté? Je dois réfléchir un instant.

Sans doute celle d’une façade derrière laquelle se cache un monde qu’on ignore complètement. La plus grande concentration de supercar par habitant au monde. Le plus haut nombre de millionnaires.

Derrière ces statistiques s’en cache une qui demande à sortir; 80% des habitants vivent dans le malheur. Ce que je veux dire par malheur? 80% des habitants travaillent pour arriver à 0. Sans vacances, sans amis, sans réel passe-temps. Le coût de la vie est si exorbitant que le citoyen moyen doit travailler toute sa vie simplement pour arriver.

Ai-je eu du plaisir malgré tout? J’ai surtout vécu un profond malaise à regarder le monde de ma suite présidentielle trop grande pour 50 personnes. Des HLM sans couleurs qui continuent à perte de vue en périphérie du centre des affaires, le downtown que l’on voit à la télévision. On ne nous montre jamais les immeubles gris ou s’en vont se coucher les habitants, jour après jour, sans espoir de peut-être s’en sortir.

Oui, j’ai apprécié la vie de luxe, mais je l’ai trouvé presque grotesque. Des factures de restaurants à 800$, des lambo, des roof-tops ridicules. Le rêve y est réel.

Y retourner? Jamais.

Ne suffit que d’une conversation avec un résident pour comprendre mon incompatibilité profonde avec cette ville. Le gouvernement corrompu depuis près de 70 ans ferme la porte à la différence et châtie les dissidents sous des allégations fausses. La liberté d’expression disparaît au profit d’une quasi-dictature qui refuse de s’ouvrir au changement.

Même les étrangers sont contrôlés. Oui, ils peuvent y amener leur argent, mais ils sont emprisonnés pour y amener leurs idées. Partout au monde, la parade de la fierté gaie attire des milliers de touristes qui veulent célébrer le droit fondamental d’être soi. Celle de Singapour est fermée à ceux-ci et est en voie de disparaître. Ce n’est qu’un exemple des dessous de la façade.

Mon meilleur souvenir? Sans doute notre souper de clôture.

Tout se termine bientôt pour nous et je suis prêt à tourner la page. J’aime une femme extraordinaire, et j’ai hâte de retourner dans ma vie. Je crois que Singapour est un beau théâtre pour la finale d’une émission qui vise à vendre le rêve car, au final, cette ville est surréelle et j’aime penser qu’elle n’existe pas.