Carnet de voyage : ADAMO | Actualités | Occupation Double à Bali | Noovo

Occupation Double Bali

Retour

Carnet de voyage : ADAMO

Carnet de voyage : ADAMO

Le voyage en Thaïlande d’Adamo dans une lettre à son gros big!

26 novembre 2017

Salut mon gros big! J’suis un des gars les plus heureux en ce moment même, assis semi-confortable à l’aéroport, valise à mes pieds et le passeport qui se fait étamper plus que jamais ces temps-ci, bien squeezé dans la poche arrière de mes shorts camo. De Denpasar en passant par Singapour pour finalement atteindre la destination que tu connais bien, Thaïlande. Ébloui par la lumière du jour, étouffé par l’humidité et surexcité comme quand la matrone me donnait un deux piasses en papier, back in the days, pour une trentaine de jujubes au dépanneur Champenois en récompense de lui avoir fait éviter la marche pour son paquet de John Player Special noir, ... ouais c’était mon feeling à ma sortie de l’avion. La température s’assure de me situer dans le temps, début novembre, la saison des pluies, oh well.

Malgré le ciel sombre j’ai les yeux brillants à l’embarcation du bateau qui nous mène à l’île de Koh Phangan, là où le touriste égal abondance et le local ne fait qu’en rêver. Les pieds sur la terre bien ferme j’évite les « eye contacts » pour ne pas parler des nombreuses invitations des Thaïs, que ce soit pour une ride en taxi ou je ne sais quoi, sans tout d’même les ignorer sans empathie. Enfin, nos guides, deux vaillants british, d’origine thaï assimilés par le mode de vie anglais, portant fièrement le jersey de Manchester, nous saluent au loin, tout aussi enthousiastes et fébriles que moi à l’idée de nous faire voir les beautés de leurs pays natal. Un paysage digne d’un long métrage à grand budget se présente donc à nous tout au long du trajet qui mettra fin à l’attente insoutenable de savoir, simplement savoir, où est c’qu’on va? 

La voilà enfin, l’insigne qui donne sur une petite voie de terre bordée par une rivière s’apparentant à un ruisseau, vu sa taille miniature, dans laquelle quelques canots traditionnels d’un nom que j’ignore, comme bien des choses d’ailleurs, flottent, immobiles, comme si le travail les avaient épuisés depuis trop longtemps à l’image de leurs propriétaires seulement heureux de les posséder.
Conduite cahoteuse quoi que digne d’un pilote hors pair, vu le chemin tellement étroit que les rétroviseurs frôlent les clôtures, ou du moins ce qui en reste, un peu comme je frôle ma main à la cuisse de celle qui m’accompagne en faisant croire que c’est sans l’vouloir, tu sais comme j’suis à l’aise avec les femmes! Le driver arrête le moteur et se stationne. 

La portière s’ouvre, le bruit des vagues, le vent de la mer, le sable pâle d’une douceur me donnant l’impression que mes pieds retrouvaient leur virginité… ça me rappelait absolument rien. Le petit garçon de 29 ans vit enfin. Ça me frappe encore, ce sentiment d’avoir perdu mon temps dans un trop grand bocal avec un trop petit goulot. Une nostalgie appréciée, tu me l’avais dit, tu m’avais prévenu connaissant mon vécu, Adamo heureux avec un rien serait perdu dans un tout inclus en République mais redécouvrirait l’univers en lui dans un endroit à son image. J’ai rien vu, eux non plus, j’les comprends, eux aussi comme si quelque part en moi j’avais déjà parcouru la Terre toute entière. La sagesse qu’ils disent... la sagesse. J’enchaîne les activités en me prêtant au jeu dans lequel je me sens finalement bien et reconnaissant, reconnaissant de m’faire réaliser ce que j’savais déjà mais que j’avais oublié.

Aujourd’hui l’odeur d’un met que j’connaissais pas me manque étrangement tout comme les endroits qu’j’ai visités, d’une valeur matérielle incomparable à tout c’que j’ai pu voir dans ma vie, mais encore bien loin d’être à la hauteur d’une richesse qui se perçoit à travers les yeux de ceux qui y travaillaient. Bref, j’étais rendu à cette soirée-là, le Full Moon Party. La soirée qui me rappelle que je suis rien de plus qu’un touriste évadé dans un monde fait que pour lui et qui l’apprécie égoïstement en s’mettant la tête dans l’sable. Imposer notre opulence nord-américaine dans un pays qui aurait pu s’en sauver, j’t’un peu naïf.

Sur une note plus positive, il y a tout d’même une belle énergie au Full Moon qui se ressent lorsqu’on est pris dans le tourbillon culturel coloré, non pas que par la diversité de couleurs de peau, mais par la peinture qui la recouvre, illuminée par les blacklights que j’ai peine à repérer à travers la foule, les jeux enflammés, sans oublier les jongleurs téméraires #firespiner. Aucune inhibition, aucune peur, l’engouement de la pleine lune mais surtout, l’émerveillement contagieux dans l’visage de la fille qui partage ses émotions avec les miennes de la façon la plus naturelle qui soit. Pas besoin de nommer de nom ni tenter maladroitement de t’expliquer mes sentiments, tu me connais trop. Le retour au bord de la mer, parfait cool down en posant mon cul dans le hamac troué de vécu, accompagné de chiens errants, qui me semble maintenant être l’incontournable représentation d’une culture qui vit et laisse vivre. J’suis serin et sans mot.

Ma dernière nuit en Thaïlande, pleine lune comme veilleuse, avant mon retour dans une fausse réalité, une bonne Chang tiède dans la main droite et la gauche perdu dans le pelage dégarni d’une bête sans nom. Je tente de savourer chaque seconde, chaque minute, chaque pensée et les emprisonner tendrement comme OD le fait si bien avec nous. J’ai eu une vie de marde pis j’ai fait avec. J’ai toujours voulu faire le bien autour de moi du mieux que j’ai pu et voilà enfin une réponse. Keep up mon gros big! T’écrire m’as fait du bien. Sur ce, dis à la mom que je l’aime et aux autres, dis-leur c’que tu sais que je leur dirais.

Respaix! Gros big mécano.