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Carnet de voyage : PH

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Découvrez ce que PH a pensé de son voyage au Laos

12 novembre 2017

C’est une ville de streetfood, de karaoké, de beerlao à 1$. C’est une ville de night market, de second hand, de scooter et d’odeurs étranges. Vientiane, la capitale du Laos, paisible copie de notre conception de l’Orient. Aucun klaxon, juste le bruit lointain de fausses notes au bar du coin. Tu marches le bord du fleuve et tu réalises d’un coup que t’es loin de ta mère, dans un pays inconnu qui a tout à t’apprendre, pis toi, t’as rien à lui donner.

La capitale est belle, pour le peu que tu vois, mais c’est pas là que le trajet s’arrête pour toi. À peine le temps de constater la politesse maladive - pour tes yeux américanisés - des commis de l’hôtel et de sentir griller les brochettes de culs de poulets et de cou de canards au night market sur le bord de l’eau et c’est le temps de partir vers l’endroit qu’on te décrit comme le paradis du back-pack pis des villages écoresponsables.

À peine la silhouette de Vientiane derrière, tu réalises que le mot écoresponsable se décline en plusieurs nuances allant de la Silicon Valley d’Elon Musk aux swamps de l’Inde. Les villages du Laos tirent plus vers la deuxième option. Pis ça, c’est dommage, que tu te dis, parce que la scène magistrale qui se déplie devant toi mérite tellement mieux que le dynamitage massif d’une usine de ciment. « Do not foto », que tu lis devant des cheminées qui crachent de la boucane grise sur 1 km. « Do not foto » indeed, ça briserait le rêve.

T’as de la misère à savoir quand les journées finissent et quand elles commencent. Tout se mélange dans une rotation planétaire qui chasse la lumière. Tu roules en moto dans des villages étranges, dans lesquels les gens semblent être immobilisés dans le temps et dans le paysage, coupés du reste du monde par une force fragile que t’as de la difficulté à saisir.

Tu entres dans un temple et même si le temps pis la quête de l’Église t’ont rendu athée, tu peux pas t’empêcher de constater le grandiose qui se cache dans le silence - une beauté intrinsèque à l’absence de paroles pis à l’immobilité des coutumes que tu connais pas. Tu le rapportes avec toi, ce tableau-là, pis quand tu vas te sentir pris dans la frénésie de ton occident, tu y retourneras pour respirer un peu, dans le calme, loin des factures.

* * * *

Vous êtes assis dans le terminal de l’aéroport de Séoul. Chacun un carry-on, à l’aise dans vos vêtements. Pas de micro, pas de caméra, personne pour vous dire quoi faire. Pendant qu’une femme dit des choses que vous comprenez pas dans le PA, vous vous regardez. À ce moment-là, sans rien vous dire, vous concluez que vous êtes normaux, pour la première fois depuis trop longtemps.