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Carnet de voyage : Sansdrick - partie 2

Carnet de voyage : Sansdrick -  partie 2

Découvrez la suite du voyage de Sansdrick à Java!

30 octobre 2017

Ce soir-là, c’était la pleine lune et nous étions très motivés à faire cette montée nocturne vers le sommet du volcan Kawah Ijen. Dans un sentier très abrupte, aux côtés d’un entraînement militaire, Joanie et moi nous sentions en mission. Plus on s’approchait, plus l’odeur de soufre était intense. Deux heures plus tard, les jambes endolories et le souffle saccadé, nous arrivons au sommet.

Nous n’étions pas seuls, loin de là. Près de 300 personnes nous entouraient et nous étions tous là pour la même raison : contempler les flammes bleues sortant du fond du cratère. Du haut du volcan, nous ne pouvions pas voir adéquatement le tout. Alors, après deux heures de montée, nous décidons de descendre au fond du cratère. Un trajet des plus dangereux nous y amenait. Une demi-heure plus tard, près du spectacle de flammes. N’oublions pas qu’il faisait toujours très noir et quand je dis que le trajet était dangereux, un seul faux pas et ça y était pour nous! Pour imager le tout, imaginez escalader une falaise rocheuse, mais on la descendait… L’odeur de soufre était insupportable et le vent très fort nous propulsais les fumées opaques du volcan dans les yeux. Près des flammes, dans le fond du cratère se trouvaient le lac le plus acide du monde. Vous pouvez donc comprendre que l’air était peu commode. Nous portions un masque permettant de filtrer l’air et plusieurs couches de vêtements pour se garder au chaud.

Vers 5h du matin, ça y était, le magnifique lever du soleil nous permettait d’apercevoir l’ensemble de la chose : le lac turquoise, les résidus de soufre jaune sur les bordures et les centaines de touristes, sourire au visage, qui prenaient des photos et des vidéos.

Après quelques minutes à regarder le paysage, j’ai pu constater que cet endroit touristique paradisiaque était en fait une usine de travailleurs. Le soufre qui s’évapore du volcan est tellement chaud qu’il est à l’état liquide et au contact avec l’air, se transforme en roche. Les roches sont ensuite utilisées pour fabriquer différents produits.

Ce genre d’entreprise multinationale et multimilliardaire devrait posséder des usines à la fine de la technologie et c’est lorsque j’ai réalisé le contraire que ce magnifique moment a pris une toute autre tournure. En réalisant cela, j’ai rencontré un jeune homme qui travaille sur les lieux du volcan. Laissez-moi vous décrire sa situation.

Il a 24 ans, il est marié depuis l’âge de 19 ans et il est le père d’une petite fille de 3 ans. Il travaille tous les jours de sa vie de minuit jusqu’à 15h-16h. Ses seules journées de congé sont quand il est trop blessé. Il pèse 120 livres, son regard semble vide et son teint de peau me laisse supposer qu’il n’est pas bien. Ses clavicules sont cassées car il transporte des paniers de roches pesant 200 livres tous les jours. Il fait deux voyages de pierres de soufre par jour, du fond du cratère jusqu’au bas du volcan. Pour vous rappeler, ça nous a pris 3h avec rien sur le dos. Il est en sandales, il ne porte ni casque, ni gants, ni aucun masque pour se protéger de l’air acide qui l’entoure. J’ai l’impression que son métier ressemble plutôt à celui d’esclave. En 2017, c’est insensé de laisser des choses comme ça exister encore.

On ne peut changer le monde, des situations comme celles-là, il y en a partout dans le monde. Moi j’en prends bonne note et je leur dis à bientôt.

 

La Brisa

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La Brisa

8 novembre 2017