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Le journal de bord de l'exclue : Alanis

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Quoi de neuf dans la vie de nos exclus?

17 octobre 2017

What’s up le Québec!

(Aujourd’hui je feel moins exotique, tu vas peut-être être content.) Je me trouve pas pire vraiment chanceuse d’être dans l’incroyable maison où je suis. Ma nounou Geneviève est parfaite.

Notre voisine est une belge de 74ans. Elle a quatre chiens, deux perruches, deux lémuriens, des poissons, une hirondelle, trois poules, deux oies, un coq et six singes. L’un de ses singes s’appelle Lana, c’est la seule qui est libre. Pour être honnête, je n’ai pas encore déterminé s’il est plus facile de vivre avec un singe en liberté dans sa maison ou avec six filles… Non pour vrai, c’est le singe qui gagne. Genre mille fois.

Bref, je suis vraiment chanceuse d’avoir Claudine comme voisine. Elle habite Bali depuis bientôt 8 ans et elle a la gentillesse de nous faire découvrir sa petite île. Ses milles et unes expressions françaises sont ma nouvelle source de divertissement. Mais qu’est-ce qu’on se bidonne! Dans son jeune temps, elle était une grande chef cuisinière. Elle nous cuisine souvent des plats typiques du Portugal et du Brésil (pays où elle a résidé avant Bali).

Je n’ai peut-être pas trouvé l’amour à Occupation Double, mais laisse-moi te dire que j’ai mangé pour un couple. Et leurs enfants, mettons. Disons que j’ai mangé à ma faim ou bien que je me suis régalé à n’en point douter.

Le temps passe vite quand on a la chance de faire des sorties. Par contre, lorsque nous devons rester à la villa, c’est plus difficile. Je ne suis pas vraiment du genre à me plaindre. Quand une situation moins funny que mon quotidien croise ma route, j’essaie d’en retirer le maximum de positif. Sauf qu’aujourd’hui je prends un break de deux minutes du positivisme. J’ai envie de me plaindre.

Je m’ennuie de mon Québec. Ça fait bientôt un mois que j’ai quitté le Québec. En étant coupé complètement (pas de téléphone de poche et pas d’accès possible aux internets) du reste de mon monde on dirait que ça fait bientôt six moi que je n’ai pas pu parler à ma famille. J’ai si hâte d’entendre la voix de mon vieux Mart crier ‘Alaaaaanouu’ quand je vais rentrer chez moi. J’ai hâte de raconter à ma famille toutes les aventures que j’ai vécue ici. J’ai hâte de leur parler de la beauté des temples que j’ai visité. J’ai hâte de leur faire part de la belle culture Balinaise. J’ai hâte qu’ils sachent à quel point les Balinais sont gentils. J’ai hâte que ma mère frissonne lorsque je lui dirai que j’ai flatté une chauve-souris géante et qu’elle m’a liché les doigts aussi désagréablement fort que mon Émile quand je lui donne une gâterie parce qu’il a fait son bon petou.

J’ai déjà voyagé. J’ai déjà été longtemps sans mes proches. Par contre, être coupé à 100% d’eux c’est autre chose. Être si coupé d’eux que c’est seulement en moi que je peux les retrouver. Les petits humains qui comptent le plus pour moi, ils n’ont aucune idée de la force de mon amour pour eux. J’aimerais juste leur dire un petit what’s up. J’aimerais faire une compétition de moves de danse laids avec ma mère (la seule personne capable de me battre) et poker le vieux nombril de mon père.

Mon monde me manque. Je ne remercierai jamais assez cette aventure de me faire apprécier autant mon chez moi.